Comment personnaliser sa blouse d’atelier?

Si mon histoire ne vous intéresse pas, la marche à suivre est plus bas.

Ayant mis sur pied un atelier vélo autogéré et libre-service, je me suis retrouvé à démonter de vieux biclous, et donc à me mettre de la graisse un peu partout sur les fringues. Pour remédier à ce problème, j’ai d’abord opté pour un tablier de cuisine, mais ce dernier était trop inconfortable. Du coup, je me suis rabattu sur la bonne vieille blouse d’atelier en guise de bleu de travail.

Sauf qu’on ne se refait pas, et que mon bleu est en fait carrément rouge:

La blouse d’atelier en question, achetée chez Spilag.
75% coton, 25% polyester, 3 boutons et 2 poches.

La couleur me plaisait, et je pensais y accrocher toutes sortes de pin’s et de badge, comme j’aime tant le faire depuis au moins mes 15 ans. Mais une autre idée m’a été soufflée: y ajouter un beau dessin dans le dos. Après quelques hésitations (j’ai d’abord pensé y mettre le logo et un slogan de l’IWW), mon choix s’est porté sur le plus déter des félins: le chat noir de Ralph Chaplin.

Comment procédai-je?

Les étapes de la réalisation de ce dessin sont relativement simples

1. Imprimer le dessin

Télécharger et imprimer le chat noir. C’est facile, le fichier est disponible au format vectoriel sur Wikipédia. Personnellement, je l’ai imprimé sur du papier tout normal, au format A3.
J’en profite pour vous rappeler à quel point Wikipédia est une plateforme géniale, et que si vous avez une thune en trop, vous pouvez la donner à Wikimedia CH.

“It’s public domain, because the copyrights holder (union Industrial Workers of the World, which symbol it is) wants it to be free.”

2. Disposer la blouse

Pour pouvoir mener à bien le reste de l’opération, il faut que la blouse (en tout cas la partie où on veut dessiner) soit bien à plat. Idéalement, la blouse doit être propre, aussi.

Dans ce cas, je l’ai enfilée sur une planche en bois qui avait à peu près la même largeur que le vêtement aux épaules. Si la planche a une taille suffisamment réduite pour entrer dans votre four, c’est mieux (vous verrez pourquoi plus tard).

3. Couper – dessiner

À l’aide de vos plus beau ciseaux, vous pouvez à présent découper tout le tour du chat. Perso, j’ai procédé en 3 étapes:

  1. Le tour extérieur du cercle (y compris autour de la queue et des pattes, donc)
  2. Le tour du chat lui-même
  3. Les yeux, la bouche et les moustaches (ou les postillons, suivant les interprétations)

Après chaque étape, je dessinais le contour du papier découpé avec un crayon de papier (ou à papier, ou crayon gris, ou crayon mine…). Dès la deuxième, donc, je devais ré-aligner avec le reste, en me calquant sur les bouts de queue et de pattes qui dépassent du cercle. Le scotch étant le meilleur ami de la précision, je me suis servi de ruban de masquage pour faire tenir le papier sur le textile.

Le contour du chat, tracé au crayon. Il manque les moustaches…

Et au final, il me reste même un pochoir, pour de futures créations, ou pour mettre à la fenêtre du bureau.

4. Colorier

Stylo ou peinture? C’est la flemme qui, chez moi, a répondu à cette question. La papeterie avait des stylos, donc j’ai colorié le dessin au stylo. Plus précisément, au Marabu 01170 003, spécialement conçu pour le textile.

Le stylo en question, avec une pointe ronde de 2-4 mm, et un code barre tout en largeur.

À la base, cette gamme est conçue pour du textile clair, mais le modèle noir n’a eu aucun souci à couvrir le rouge partout où j’en ai appliqué. J’avais choisi celui-ci parce que le fabricant annonce une résistance au lavage en machine à 60°C, alors que les stylos annoncés pour textile foncé ne tiennent que jusqu’à 40°C. Je verrai quand je le laverai pour la première fois.

Et si ma technique de coloriage vous intéresse vraiment, j’ai commencé par le cercle, puis la tête, puis les pattes avant, puis le corps, puis les pattes arrières, puis la queue, et enfin les moustaches (ou postillons). Comme ça, j’évitais d’étaler, ou de m’en mettre partout.

5. La cuisson

J’en ai parlé plus haut, et vous l’avez peut-être remarqué sur la photo du stylo: la dernière étape consiste à chauffer le tout. Vous avez le choix entre le fer à repasser ou le four. N’ayant absolument pas de fer à repasser sous la main, j’ai donc préchauffé le four à 150°C, puis y ai enfourné la blouse et la planche sur une plaque avec du papier sulfurisé (parce que ma plaque est dégueu), et j’ai attendu 8 minutes.

6. La fierté

Et voilà! Après ces quelques étapes, vous pouvez retirer votre préparation du four (sans vous brûler), et le déposer fièrement sur vos épaules. La chaleur que vous ressentirez ne sera alors pas seulement celle de votre blouse à 150°C, mais également celle de millions de travailleuses et de travailleurs qui ont porté avant vous ce même symbole, et ces mêmes espoirs d’un monde plus juste.

Car comme l’a si justement écrit la poétesse nicaraguayenne Gioconda Belli:

“La solidarité est la tendresse des peuples”